LES RÉJOUISSANCES DE LA MORT
Par Bernard Bujold
Je suis surpris à chaque fois de constater combien les êtres humains peuvent être méchants entre eux.
Selon mon observation, les humains sont plus violents que les animaux qui attaquent pour survivre ou se nourrir, tandis que les humains attaquent par pur plaisir de domination.
Récemment, un de mes voisins et amis de l’édifice de condos où j'habite est décédé d'un cancer. Il avait 74 ans. Sa maladie n'aura duré que six semaines...
Mon voisin avait à cœur la bonne gestion de l'immeuble et il n'hésitait pas à poser des questions aux membres du conseil d'administration concernant la gérance et les dépenses de fonds. Évidemment, cela ne plaisait ni aux membres du conseil ni à leurs amis.
Dans un immeuble à condos, c'est la copie carbone de toutes les autres formes de gouvernement existantes, qu'elles soient municipales, provinciales ou fédérales, avec une polarisation partisane dans les prises de décision. Il y a toujours deux clans, sinon plus, quand vient le temps de choisir la couleur des tapis de l'entrée et la tapisserie des murs dans les corridors...
Depuis que mon voisin est décédé, au moins une dizaine de résidents, parmi ceux qui appuient le conseil dans ses choix, m'ont confié en personne être heureux de sa mort et qu'enfin il ne poserait plus ses questions dérangeantes…
Comment un être humain peut-il se réjouir de la mort de son voisin ?
Cela m'attriste de savoir que la société humaine affiche une telle méchanceté dans son âme !
Je me dis aussi que si jamais je meurs, certains de mes voisins vont se réjouir parce que j'étais un ami du voisin décédé…







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