


par Bernard Bujold (LeStudio1.com) -
L'homme d'affaires et philanthrope montréalais Daniel Langlois n'aime pas
accorder d'entrevue mais il l'a fait avec La Presse afin de manifester sa
colère concernant l'implication de son Club privé 357C dans les débats de la
Commission Charbonneau sur la collusion dans l'industrie de la construction
au Québec.
L'histoire de Daniel Langlois est captivante et il faudrait un livre pour bien
toute la saisir...
Langlois est un cinéaste formation qui plutôt que faire des films a inventé un
gadget d'animation 3D pour le cinéma. C'est Daniel Langlois lui-même qui
qualifie sa création de gadget en ce sens que son invention n'a pas sauvé de vie
mais simplement améliorer les outils de loisirs et d'amusement cinéma.
C'était en 1986 et trois événements ont favorisé son projet:
1. Les investissements financiers d'un groupe d'artistes québécois dont
Yvon Deschamps pour lancer le groupe Softimage qui était en démarrage;
2. L'utilisation par Spielberg du gadget de Langlois dans Jurassic Park;
3. L'achat par Bill Gates de Softimage et Langlois qui s'est retrouvé avec une
portion d'environ 130 millions$ du 200 millions de la vente.
En ce qui concerne Yvon Deschamps, il faisait partie d'un groupe d'artistes
québécois qui avaient déjà les moyens de leur risque. Le gars de Beau Dommage
était aussi du groupe. La légende urbaine veut qu'un artiste sans trop de sous
aurait voulu contribuer le 10,000$ d'une mise et pour y arriver il voulait
hypothéquer sa maison. Langlois aurait refusé car il ne voulait que des
investisseurs qui pouvaient se permettre de perdre leur mise sans aucune
conséquence. Langlois admet avec le recul que sa création aurait pu ne jamais
prendre envol et le 200,000$ du groupe aurait été classé simple perte et essai.
Jurassik Park aura été le déclencheur de la suite et du succès.
Le Club 357 de Montréal devait être une grande résidence pour artistes au
cachet international avec un maximum de 357 membres.
Le projet a dû être modifié car il ne tenait pas la route sur le plan financier et
l'établissement aura finalement et de façon discrète remplacé le fameux
Club privé Le St-Denis de la rue Sherbrooke qui a connu en 2009 des difficultés
de rendement financier et de perte de memberships avant de simplement devoir
mourir de sa belle mort et fermer ses portes.
Daniel Langlois que j'ai eu l'occasion de rencontrer à quelques reprises pour
lui soumettre un projet en développement doit souffrir profondément!
Il est un artiste, généreux mais exigeant et surtout et avant tout discret!
Très discret!
De voir son projet le 357C ainsi associé à la Commission Charbonneau est ni plus
ni moins que la mort pour son établissement qui est en fin de compte un
restaurant de luxe privé.
Selon-moi, il devra attendre 5 ans avant que les dommages soient oubliés du
public ou simplement changer de vocation et de nom d'établissement.
Mais le restaurant a du plomb dans l'aile pour ne pas dire mortellement atteint.
En conclusion, deux éléments:
1. Le projet que j'avais proposé à Daniel Langlois avec mon groupe d'associés
n'avait pas été retenu...;
2. Je n'ai jamais été invité au fameux Club 357C!
À suivre...
Photo 1: Daniel Langlois (2012) ;
Photo 2: Daniel Langlois (1986);
Photo 3,4 et 5: Club 357C (photo site internet du club privé);
Voir reportage La Presse ;
Voir site Internet Club 357C;
Voir reportage magazine Libération (février 2000) ;